Grandir entre plusieurs cultures peut être une richesse immense. Mais cela peut aussi créer un sentiment intérieur difficile à expliquer : celui d’être à la fois profondément lié à plusieurs mondes… sans avoir parfois le sentiment d’appartenir totalement à aucun.
De nombreuses personnes issues de la diaspora vivent cette double réalité. Elles peuvent se sentir étrangères dans le pays où elles vivent, tout en se sentant également étrangères dans le pays de leurs origines. Certaines ne parlent même pas la langue du pays familial, tout en portant en elles une mémoire, des blessures ou des récits transmis de génération en génération.
Dans mon cabinet de psychothérapie, je reçois régulièrement des personnes issues de différentes diasporas : libanaise, arménienne, marocaine, africaine, européenne, ukrainienne ou encore d’autres histoires d’exil, de migration ou de guerre. Derrière chaque parcours, il existe une histoire singulière. Pourtant, certains ressentis reviennent souvent : la question de l’identité, le sentiment de déracinement, l’angoisse, les traumatismes, les pertes, les séparations… mais aussi une formidable capacité d’adaptation et un puissant instinct de survie.
Qu’est-ce que la souffrance liée à la diaspora ?
La souffrance psychique liée à la diaspora ne se résume pas uniquement au fait d’avoir changé de pays.
Elle peut concerner :
- le déracinement,
- la transmission de traumatismes familiaux,
- les guerres,
- l’exil,
- les séparations,
- les pertes culturelles,
- ou encore le sentiment de devoir constamment s’adapter.
Certaines personnes ont grandi avec des parents eux-mêmes marqués par la guerre civile, l’exil ou l’insécurité. Même lorsque ces événements n’ont pas été vécus directement, ils peuvent laisser des traces psychologiques profondes dans les générations suivantes.
Par exemple, certains enfants de diaspora développent très tôt :
- une hypervigilance,
- un fort besoin de réussir,
- une peur de l’abandon,
- une difficulté à se sentir légitimes,
- ou un besoin permanent d’adaptation.
Entre richesse culturelle et questionnements identitaires
Être issu d’une diaspora peut aussi être une immense force.
Beaucoup de personnes développent :
- une grande ouverture culturelle,
- une forte capacité d’adaptation,
- une sensibilité particulière aux autres,
- une capacité à naviguer entre plusieurs mondes,
- ou encore une résilience impressionnante.
Mais cette richesse peut parfois s’accompagner d’une fatigue psychique importante.
Certaines personnes décrivent le sentiment :
- de devoir changer selon les contextes,
- de ne jamais être totalement comprises,
- ou d’avoir construit leur identité autour de la survie plutôt que du sentiment de sécurité.
Ce conflit intérieur peut favoriser :
- l’anxiété,
- les troubles anxieux,
- les attaques de panique,
- les difficultés relationnelles,
- les troubles de l’estime de soi,
- ou des questionnements existentiels profonds.
Pourquoi une approche thérapeutique intégrative peut être utile ?
Chaque histoire de diaspora est unique. Il n’existe donc pas une seule manière d’accompagner cette souffrance.
C’est pourquoi la thérapie intégrative peut être particulièrement adaptée. Elle permet d’utiliser plusieurs approches thérapeutiques complémentaires selon les besoins de la personne.
Dans certains cas, des outils issus des thérapies cognitivo-comportementales (TCC) peuvent aider à réduire :
- l’anxiété,
- l’hypervigilance,
- les crises d’angoisse,
- ou certains mécanismes de survie devenus épuisants.
Dans d’autres situations, une approche plus existentielle, psychodynamique ou issue de la psychanalyse peut permettre d’explorer :
- la question de l’identité,
- les conflits d’appartenance,
- les blessures transgénérationnelles,
- les traumatismes liés à l’exil,
- ou encore les loyautés invisibles et les transmissions inconscientes au sein des familles.
La psychanalyse peut notamment offrir un espace précieux pour mettre du sens sur certains vécus difficiles à expliquer rationnellement : le sentiment d’être “entre deux mondes”, la culpabilité de réussir loin de sa famille, la difficulté à trouver sa place, ou encore l’impression diffuse d’être étranger partout.
Certaines personnes ont également besoin de travailler sur :
- le sentiment de sécurité intérieure,
- l’attachement,
- la confiance,
- ou la difficulté à construire une identité stable et apaisée.
Une psychothérapie centrée sur l’histoire singulière de chacun
La psychothérapie intégrative ne cherche pas à enfermer les personnes dans une catégorie ou une origine culturelle.
Au contraire, elle tente de comprendre :
- le vécu personnel,
- l’histoire familiale,
- les ressources,
- les blessures,
- et les stratégies d’adaptation construites au fil du temps.
L’alliance thérapeutique joue ici un rôle essentiel. Beaucoup de personnes issues de diaspora ont parfois appris très tôt à ne pas trop montrer leur vulnérabilité, à s’adapter rapidement ou à porter beaucoup de responsabilités émotionnelles.
Le travail thérapeutique consiste alors progressivement à créer un espace suffisamment sécurisant pour pouvoir :
- déposer certaines souffrances,
- retrouver une continuité intérieure,
- et construire une identité plus apaisée.
Peut-on réellement se sentir “chez soi” ?
Cette question revient souvent chez les personnes issues de diaspora.
Certaines finissent par découvrir que le sentiment d’appartenance ne se limite pas à un territoire ou à une langue. Il peut aussi se construire intérieurement, dans les relations, dans les liens affectifs, dans la capacité à se sentir légitime d’exister tel que l’on est.
Le travail thérapeutique ne vise pas à effacer les contradictions identitaires, mais souvent à apprendre à les habiter avec davantage de sécurité et de douceur envers soi-même.
Besoin d’un accompagnement thérapeutique ?
Si vous vous reconnaissez dans ces questionnements liés à l’identité, à l’exil, au déracinement, à l’anxiété ou aux traumatismes, il peut être utile de pouvoir en parler dans un espace thérapeutique sécurisant et bienveillant.
Dans mon cabinet, j’accompagne régulièrement des personnes issues de différentes diasporas à travers une approche de thérapie intégrative, mêlant selon les besoins :
- approche psychodynamique,
- inspiration psychanalytique,
- ACT,
- EMDR,
- thérapies centrées sur les émotions,
- ou outils issus des TCC.
Je vous reçois au sein de mon cabinet de psychothérapie à Lyon, et à Chalon-sur-Saône, dans un cadre confidentiel, respectueux et centré sur votre histoire singulière.
À propos de l’auteur
Frédéric Makhlouf, praticien en psychothérapie, dédié à guider ceux qui souhaitent entamer un parcours de résilience. Mon approche bienveillante encourage chacun à explorer ses difficultés pour retrouver équilibre et vitalité. Prêt à franchir le premier pas? Je vous propose un appel d’écoute pour vous accompagner dans cette démarche.