Il arrive souvent que des patients me demandent : « Est-ce que ce que j’ai vécu dans mon enfance, c’est un traumatisme ? »
Et la question mérite d’être posée, tant elle revient dans de nombreuses discussions aujourd’hui, que ce soit sur les réseaux sociaux, dans les livres ou au détour d’une conversation entre amis.
Il est vrai que les blessures d’enfance marquent. Mais faut-il pour autant parler de traumatisme ? C’est là qu’il faut faire preuve de nuance.
Toutes les blessures ne sont pas des traumatismes, et toutes les souffrances n’ont pas besoin d’être pathologisées pour être prises au sérieux.
Blessure ou traumatisme : quelle différence ?
Une blessure d’enfance, c’est un moment où l’enfant s’est senti atteint dans sa sécurité affective, sa valeur, ou son sentiment d’appartenance. Cela peut être une parole blessante, un rejet ressenti, une humiliation à répétition, un manque d’écoute, ou simplement un parent émotionnellement indisponible.
Ces blessures, bien qu’elles ne soient pas forcément des « traumatismes » au sens clinique, laissent des traces. Elles peuvent influencer durablement la confiance en soi, les choix amoureux, la peur de l’abandon ou la façon de se positionner dans le monde.
En revanche, on parle de traumatisme psychique lorsque l’événement vécu dépasse les capacités de l’enfant à comprendre, symboliser, ou intégrer ce qui s’est passé. Il y a comme une effraction dans le psychisme, une violence qui reste à vif, parfois même des années après.
Les symptômes d’un traumatisme
Un traumatisme peut se manifester par des symptômes variés, parfois très envahissants :
– Reviviscences, flashbacks, cauchemars
– Hypervigilance, sursauts exagérés
– Évitement des situations ou souvenirs liés à l’événement
– Anesthésie émotionnelle, sentiment de vide ou de détachement
– Grosse fatigue, troubles du sommeil ou douleurs physiques chroniques
– Difficulté de concentration, trous de mémoire
– Culpabilité, honte, repli sur soi, anxiété intense
Mais attention : le fait de ressentir ces symptômes ne veut pas dire que l’on est “fou” ou irrécupérable. Cela signifie que quelque chose cherche à être entendu, intégré, compris.
Ce que les blessures nous disent de nous
Dans son livre « Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même », Lise Bourbeau décrit cinq grandes blessures : le rejet, l’abandon, l’humiliation, la trahison, l’injustice. Ces blessures peuvent façonner notre personnalité et conditionner nos réactions. On développe alors des masques pour ne plus souffrir : le fuyant, le dépendant, le masochiste, le contrôlant, le rigide…
Ces mécanismes ne sont pas des preuves de faiblesse. Ce sont des stratégies de survie que l’on met en place dès l’enfance pour continuer à fonctionner dans un environnement qui, à certains moments, n’était pas sécurisant.
Accueillir plutôt qu’étiqueter
Le mot « traumatisme » est aujourd’hui beaucoup utilisé, parfois à tort, parfois à raison. Il peut valider une souffrance, mais aussi figer une identité.
En thérapie, je préfère explorer avec mes patients ce qu’ils ont ressenti, ce qu’ils ont compris de leur histoire, ce qui les blesse encore aujourd’hui. Car le plus important, ce n’est pas de savoir si ce que vous avez vécu « mérite » d’être appelé traumatisme, mais plutôt de reconnaître que cela vous a marqué. Et que vous méritez d’aller mieux.
Un chemin vers la réparation
Guérir, ce n’est pas oublier. Ce n’est pas minimiser non plus. C’est apprendre à vivre avec ce que l’on a traversé, sans que cela dirige toute notre vie.
Si vous vous posez cette question – est-ce un traumatisme ou une blessure ? – c’est sans doute que quelque chose, en vous, cherche à faire la paix. Et cette quête mérite d’être accompagnée.
Je vous accueille dans mon cabinet de psychothérapie à Lyon, pour vous aider à comprendre ce que vous portez, et surtout, pour vous en libérer.
Si vous voulez en parler, contactez-moi
À propos de l’auteur
Frédéric Makhlouf, praticien en psychothérapie, dédié à guider ceux qui souhaitent entamer un parcours de résilience. Mon approche bienveillante encourage chacun à explorer ses difficultés pour retrouver équilibre et vitalité. Prêt à franchir le premier pas? Je vous propose un appel d’écoute pour vous accompagner dans cette démarche.